Il y a peu j’ai publié sur TouraineMedia un billet sur Renée Robitaille (« Renée Robitaille, une conteuse, une vraie ! »). Outre l’aspect critique (enthousiaste) du spectacle (super spectacle) qu’il m’a été donné de voir à Chateau-Renault, grosse bourgade de 5000 habitants du Nord-Est de l’Indre et Loire, c’est l’aspect « notre rôle dans la diffusion culturelle » qui m’interpelle (comme on dit !)
En reprenant le premier programme du Festival de Contes que j’avais organisé en 1993 à Dunkerque « Une Semaine qui Conte », je me demandais ce qui me poussait ainsi à poursuivre 16 ans après des programmations de conteurs (Mais ceci sans nostalgie)…
Je ne suis pas programmateur de spectacles – par « je » je veux dire « nous », les bibliothécaires. Mais nous avons notre part et notre responsabilité dans la grande chaine de la diffusion culturelle. J’y vois plusieurs raisons, dont au moins celles-ci :
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le « Conte » est un art authentique, je n’ose dire un « produit culturel » à part entière, même s’il peut (toujours) paraître marginal, face à l’hégémonie (oui, oui!) du SPECTACLE VIVANT. Pour ma part j’y crois (toujours).
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J’y rencontre un public de plus en plus averti, mais un public de fond ! Ah ! Qu’est-ce qu’un public de fond? Pas des intellos, qui savent tout sur tout, bardé de références, mais des gens comme vous et moi (je ne dirai pas « simple » car cela a une connotation trop péjorative, bien que je sois un adepte de la simplicité volontaire). Ce public sait apprécier la parole vraie, et en particulier celle des conteurs, traditionnels ou non ! Souvent ce public est écarté de la Grande culture, mais ce sont pourtant ceux-là qui peuplent nos bibliothèques, mais aussi fréquentent les librairies (pas les branchées!), et participent à la vie locale de leur commune.
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Une autre raison de garder la foi : Le « Conte » (terme bien entendu générique) est totalement adapté au monde rural. Il n’y a pas dans mes propos une volonté de séparer urbain et rural, mais par expérience le public répond mieux dans les communes rurales qu’en milieu urbain. C’est aussi une raison supplémentaire d’associer ce type de diffusion culturelle aux bibliothèques départementales, car elles sont nombreuses à être directement productrices ou associées à ces évènements. A titre d’exemple la BDP de Lot-et-Garonne , le 8ème festival « A haute voix » de la Nièvre, Au fil du Conte (département de la Charente). L’ADBDP, lors de ses journées d’étude de 2002 en avait dénombré 20 (BDP) directement impliquées et 3 associées (Organisation de festivals de contes par les bibliothèques départementales : synthèse de l’enquête de l’ADBDP par Marie-Claude Julié). N’oublions pas l’implication des Foyers ruraux dans « Mots d’hiver : conteurs en milieu rural », ou « Conteurs en Campagne ». Une preuve supplémentaire de la complicité entre monde rural et conte (sans nostalgie et sans passéisme).
Dans ce paysage de sinistrose, j’avais envie d’écrire ce billet. Quand quelque chose va bien (en particulier pour soi) et qui a du sens (pour beaucoup) pourquoi ne pas le dire ? DG

1 commentaire
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décembre 28, 2009 à 4:15
Dominique Lahary
Didier fait référence à l’enquête de marie-Claude Julié menée pour les http://journées d’étude de l’ADBDP (Agen, novembre 2002). Lors de la discussion qui a suivi l’intervention de l’inoubliable (pour qui l’a entendu conter en vrai ou dans le poste) Muriel Bloch, j’ai proposé de façon sibylline cette définition de [fonction de diffusion de] la bibliothèque : “c’est la narration et la documentation”. La narration précède l’écrit, et de très loin dans l’histoire de l’humanité. Nous aimons et savons diffuser de la narration, et voilà pourquoi le conte est un des volet de notre fonction naturelle. Le conte, le conte tout simplement, amateur ou professionnel, mais la narration orale, bon dieu, en-delà et au-delà de toute prétention au spectacle vivant, qui a ses grandeurs et ses splendeurs; mais aussi ses critères d’éligibilité et de légitimité qui peut ne rien comprendre à cette mission de dissémination de la narration.