De N – 1 à N – 4, ou la position des Bdp dans l’organigramme des services des Conseils Généraux.

 Une enquête nécessaire et fructueuse

 Le texte qui suit est le résultat d’une enquête lancée le 14 octobre dernier 2008, sur la “liste ADBDP” dans le cadre d’un travail lié à la révision de l’organigramme des services du conseil général d’Indre-et-Loire. la (ou plutot les )question(s) étai(en)t : “Une nouvelle majorité au sommet du département implique une nouvelle organisation et des nouveaux organigrammes… aussi mes cher(e)s et très cher(e)s collègues, pouvez vous venir à l’aide d’un établissement en détresse et m’envoyer votre organigramme. (s’il est sur un site… indiquez moi le lien, çà nous permettra d’aller plus vite.) Si possible indiquez moi la position de la Bibliothèque dans l’organigramme départemental.”

  • une question portait donc sur la position dela BDP au sein de l’organigramme général départemental

  • et une autre concernait l’organigramme de la BDP en lui-même.

25 Directeurs de Bdp ont répondu (ce qui est peu), mais plutôt voire uniquement à la première question (la position dans l’organigramme). Merci néanmoins à tous ceux qui ont répondu et ont permis d’élaborer une réponse adaptée à la situation : la “BDP”, ici DDBL (Direction Départementale des Bibliothèques et de la lecture, avait -jusqu’au 31 décembre 2008, une position de “Direction”, directement rattachée au Directeur Général. L’arrivée d’une nouvelle majorité et d’un nouveau Directeur Général a conduit à la remise en cause de l’organigramme précédent, et la nomination de Directeurs Généraux adjoints : 2 fonctionnels (finances et organisation générale, 3 “opérationnels (“Solidarité entre les Personnes”, “Solidaité entre les Territoires”, “Vivre ensemble”). S’en suit une réorganisation des Directions et des services. La DDBL est placée sous l’autorité du DGA3 “Vivre ensemble”, qui n’est pas nommé au 31/12/08.

 dépouillement rapide :

L’urgence de cette enquête ne m’a pas permis d’affiner les réponses. On trouvera ci-joint un tableau qui reprend des réponses des différents départements.(sous forme d’un tableau). Les contraintes que j’ai rencontrées étaient d’abord des contraintes de temps : il fallait réagir vite, et les résultats s’appuient sur 25 réponses des BDP, donc pas de possiblité de relance, qui auraient permis de confirmer ou non les résultats.  

Explications rapides : le positionnement de la BDP s’exprime de la façon suivante 

N représente le(la) Président(e) du conseil général

N – 1 = le DG (directeur général)

N – 2 = les DGA (directeur général adjoint)

N – 3 = les Directeurs

N – 4 = les Chefs de service 

Nota Bene:

Si la position de la BDP était imprécise dans la réponse apportée j’ai systématiquement positionné l’établissement au niveau supérieur. Par ailleurs pour faire vite je n’ai pas indiqué de positions  intermédiaire (de type N – 3,5 !) 

 

    Les résultats

    68 % des BDP sont en position N – 3 dans l’organigramme des services.

    28 % sont en position N – 4 dans l’organigramme des services

    4 % sont en position N – 2 dans l’organigramme des services

     

     

    Conclusions ?…  les résultats sont étonnants : je m’attendais à ce que les BDP soient plutôt – et généralement – positionnées en N – 4. Toutefois les chiffres sont validés par le consultant qui a suivi la mise en oeuvre de l’organigramme du conseil général d’Indre et Loire et qui plutôt pour “75 % en N – 3”. 

     Ceci m’amène à faire plusieurs réflexions sur la position de nos établissements :

– La Position « historique » : Elle est liée à la Décentralisation : organisme extérieur, la BDP est rattachée au Directeur Général directement. C’était le cas en Indre-et-Loire avant la mise en oeuvre de l’organigramme précédent où la vérité a été considérée comme une direction au même titre que la culture, les routes de, un certain nombre de directions des secteurs sociaux. 

 – La Position “philosophique” : Elle vise à rattacher nos établissements à la Direction de la Culture et prend en compte le domaine de la lecture au même titre que les archives, l’action culturelle, les musées, et autres domaines culturels. Cette position est logique en regard de nos activités. Dans cette hypothèse, les BDP sont donc en position N – 3 ou N – 4. cela n’a aucune lecture hiérarchique, et marque un pas par rapport à la position historique évoquée ci-dessus.

– La Position hiérarchique, fortement liée à la position précédente. Il ne s’agit pas de chercher de raison particulière à ce positionnement. Nos établissements sont en position N – 3 ou – 2 suivant le type de rattachement voulu par le conseil général (en Direct avec le DG ou le DGA ou le cas échéant la Direction de la Culture…) 

Quelles leçons tirer de cette enquête ? (s’il y en a )

 1°) La grande variété des situations : il n’y a pas une situation vraiment identique d’un département à un autre, mais une variation liée aux hommes qui composent et qui régissent l’administration départementale. 1

2°) Notre positionnement est néanmoins à mettre en regard avec les « Archives ». Nos établissements – bibliothèques et Archives – seules compétences culturelles décentralisées ont suivi généralement un chemin identique. Cependant, on voit ici et là des situations “évolutives”; par exemple, le département du Maine-et-Loire positionne les archives au niveau N – 3 (direction), alors que la BDP est intégrée à la direction de la culture. Il en sera de même dans le département voisin de l’Indre et loire à compter de janvier prochain. Est-ce du à un intérêt plus fort pour le Patrimoine, ou le fait que nos collègues des archives sont “restés” fonctionnaires de l’Etat et bénéficient ainsi d’une plus grande aura ? 2

3°) La place grandissante et prépondérente de la Direction de la Culture : les départements se sont dotés au fil des années, depuis la décentralisation de directions de la culture. Elles ont pris une place prépondérante dans l’organigramme et sont souvent situés en N – 2, c’est-à-dire directement sous l’autorité du directeur général. 

Peut-on en tirer des leçons politiques ?

Les situations transcendent tout l’échiquier politique. On ne peut pas vraiment dire que le positionnement de nos établissements soit plutôt de gauche ou de droite ! Néanmoins la majorité département français étant plutôt située aujourd’hui à “gauche”, on voit s’infléchir une situation qui consiste plutôt à faire descendre nos établissements dans l’organigramme départemental (suivant mon regard qui se dirige vers les départements bretons).

Le Livre et Lecture ne sont pas ( plus) la priorité : s’agit-il d’un abandon de la compétence BDP, peut-être pas, mais encore… En noyant les BDP dans compétence Culture, pour laquelle ils n’ont pas de compétence décentralisée, et en affirmant haut et fort, qu’ils n’ont pas de compétence culturelle, les Conseils Généraux assument une compétence en fonction de la (sacro-sainte) « clause de compétence ». Dont acte ! 

Mais cela ne va-t-il pas se conclure à terme par un moindre intérêt pour le livre la lecture certes, mais aussi pour toute l’évolution de nos établissements qui n’avaient pas jusqu’à présent souffert de la décentralisation.

Au fait : les réformes territoriales risquent de bousculer un peu tout çà !

 

1 On lira avec profit l’ouvrage de Vincent de GAULEJAC : La Société malade de la gestion : idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement moral; éd. Du Seuil.

2 C’est peut-être du également à la “Loi sur les Archives”

 

Advertisements