Quelle est la convergence entre espace urbain et rural, et bonheur et bibliothèque ? Aucun point commun a priori. Mais voilà quelques extraits d’articles et quelques réflexions à soumettre à nos éminents urbanistes et décideurs politiques. Bien entendu je serai totalement partial : le bonheur est du coté de la nature et des bibliothèques et non du coté de la ville et des périphériques.

 Du bonheur à Bogota !

   panoramica-biblioteca-vb1

 

 

Rappelons un peu l’histoire urbaine récente de Bogota : Bogota était un  » enfer urbain  » (un infernio), tant la circulation des hommes et des voitures y était impossible. Faisant fi des préconisations des experts occidentaux et de leurs projets d’autoroutes urbaines, le maire de la ville, M. Penalosa, a enterré ces projets au début des années 2000 et investi les milliards économisés dans la construction d’écoles, et de bibliothèques ainsi que dans l’aménagement de parcs, de pistes cyclables et de l’avenue piétonne la plus longue du monde. La raison de ces choix : M. Penalosa, s’est converti à une philosophie économique dont les partisans s’attachent à encourager non pas la croissance, mais le bonheur humain. En effet, c’est le lien social qui procure du bonheur tout autant que le revenu. Peut-être même plus.

L’influence de la ville sur le cerveau.

Cette analyse, et les résultats produits par la politique de M. Penalosa (baisse de la criminalité entre autres) sont –pourrait-on dire – confirmés par les recherches en neuro-sciences de Marc Berman, de l’université de Michigan. Je cite :  » Des chercheurs américains et australiens commencent à montrer que le simple fait de vivre dans un environnement urbain a des effets sur nos processus mentaux de base. Après avoir passé quelques minutes dans une rue bondée, le cerveau est moins en mesure d’organiser les informations qu’il reçoit dans la mémoire. Les environnements de béton et d’automobiles auxquels nous sommes confrontés auraient des incidences sur notre santé mentale et physique, jusqu’à modifier la façon dont nous pensons. (…) Quand on se promène en ville, notre cerveau, toujours à la recherche de menaces potentielles, doit gérer les multiples stimuli liés à la circulation et à la vie urbaine. La gestion de telles tâches mentales, apparemment anodines, a tendance à nous épuiser, car elle exploite l’un des principaux points faibles du cerveau : sa capacité de concentration (…) A l’inverse, la nature serait un élément extrêmement bénéfique pour le cerveau : des études ont même démontré que des patients d’hôpital qui peuvent voir des arbres de leurs fenêtres se rétablissent plus rapidement que ceux qui en sont privés. (…) La plantation d’arbres en centre-ville ou la création de parcs urbains peuvent ainsi réduire de façon significative les effets négatifs de la vie urbaine.

Alors la ville, facteur de bonheur ? Si l’article se termine en soulignant que les villes  » ont aussi l’avantage de concentrer les interactions sociales qui sont une des sources de l’innovation et de la créativité « , le lien est direct avec la philosophie de M. Penalosa.

Et la ruralité dans tout çà ?…

Pour moi, il n’y a pas de contradiction majeure. Au contraire. La fréquentation de la nature et la richesse qu’elle nous procure va de pair avec la convivialité des bibliothèques. Allons, mesdames et messieurs les décideurs, passez aux actes ! Mais les bons !

 

 

 

 

Advertisements