Hier, le mari d’une de mes collaboratrices a succombé « des suites de sa maladie » – suivant l’expression consacrée. Philippe – c’est ainsi que je l’appellerai dans ce billet – était vigneron, dans ce bon pays de Touraine. Il y produisait un merveilleux vin de Vouvray dont la douceur, parfois pétillante, fait tant vibrer nos papilles. Mais voilà, pour produire le vin, il faut de longues heures de travail. Et à la mécanisation grandissante se sont ajoutés au fil des années des traitements (chimiques) de plus en plus sophistiqués. Pudiquement on a vite oublié que les produits déversés sur les plantes peuvent aussi être préjudiciables à ceux qui les utilisent. C’est ainsi qu’au bout du vignoble des troubles divers et variés, vertiges, évanouissements (une maladie qui ne dit pas son nom) ont eu raison de la vie de celui pour qui il n’y avait plus d’issue.

Voilà donc : lorsque nous dégusterons un petit verre, n’oublions pas le coût excessif de la production du nectar. Si l’alcool tue, la vigne enterre ceux qui lui apporte les soins.

Mais au final qui profite de la situation ?…  Il se pourrait bien que la vigne ne soit pas le seul secteur de production agricole qui pâtisse ainsi de l’appétit vorace de la chimie.

In memoriam

Publicités