Hier, le mari d’une de mes collaboratrices a succombé « des suites de sa maladie » – suivant l’expression consacrée. Philippe – c’est ainsi que je l’appellerai dans ce billet – était vigneron, dans ce bon pays de Touraine. Il y produisait un merveilleux vin de Vouvray dont la douceur, parfois pétillante, fait tant vibrer nos papilles. Mais voilà, pour produire le vin, il faut de longues heures de travail. Et à la mécanisation grandissante se sont ajoutés au fil des années des traitements (chimiques) de plus en plus sophistiqués. Pudiquement on a vite oublié que les produits déversés sur les plantes peuvent aussi être préjudiciables à ceux qui les utilisent. C’est ainsi qu’au bout du vignoble des troubles divers et variés, vertiges, évanouissements (une maladie qui ne dit pas son nom) ont eu raison de la vie de celui pour qui il n’y avait plus d’issue.

Voilà donc : lorsque nous dégusterons un petit verre, n’oublions pas le coût excessif de la production du nectar. Si l’alcool tue, la vigne enterre ceux qui lui apporte les soins.

Mais au final qui profite de la situation ?…  Il se pourrait bien que la vigne ne soit pas le seul secteur de production agricole qui pâtisse ainsi de l’appétit vorace de la chimie.

In memoriam

Que l’on soit bien d’accord ! Le congrès de Tours de l’ ABF n’a à priori rien à voir avec le Congrès (célèbre) de Tours de 1920 qui marqua la scission du Parti socialiste et du (nouveau Parti Communiste). Pour les amateurs éclairés j’indiquerai où se sont passés ces moments historiques.

Comme je suis un peu pressé voici ce que vous trouverez sur Wikipedia :

Le congrès de Tours est le 18e congrès national de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) du 25 décembre 1920 au cours duquel fut créée la Section française de l’Internationale communiste (SFIC, futur Parti communiste français — PCF).

Durant le congrès, la SFIO se divisa en trois camps.

  • Le premier, majoritaire, rassemblait les partisans de l’adhésion à la IIIe Internationale communiste, révolutionnaires (qui ne partageaient cependant pas toutes les 21 conditions des bolchéviks fondateurs, qui de fait ne furent pas votées lors du congrès). Il s’agissait surtout des plus jeunes dirigeants du parti soutenus par un très grand nombre de membres.
  • Le second camp, mené par Léon Blum et la majorité des élus, refusait totalement l’adhésion et souhaitait rester au sein de la IIe Internationale.
  • Le troisième camp était mené par une minorité acceptant l’adhésion, mais seulement sous certaines conditions. Ceux-ci, ne pouvant mettre en avant leurs revendications, se regroupèrent avec le second camp.

La SFIO se sépara donc en deux : d’une part la « Section française de l’Internationale communiste » (SFIC, futur PCF), majoritaire à Tours (3208 voix), et d’autre part la SFIO, minoritaire (1022 voix).

Cette scission fut suivie par celle de la CGT en 1921, avec la formation de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU), de tendance communiste.

LE CONSEIL GENERAL D’INDRE-ET-LOIRE
Recrute par voie de mutation, de détachement ou après inscription sur liste d’aptitude
POUR LA DIRECTION DU LIVRE ET DE LA LECTURE PUBLIQUE
(Bibliothèque Départementale)
un(e) Conservateur Territorial de Bibliothèques
CHEF DE SERVICE DES PUBLICS, des NOUVELLES TECHNOLOGIES et de la LOGISTIQUE
–  ADJOINT au DIRECTEUR
(Poste à pourvoir à compter du 1er Février 2009)

Fonctions

Dans le cadre des activités de la Direction du Livre et de la Lecture Publique – acquisition et diffusion des documents, action culturelle diversifiée, création de bibliothèques, conseil aux personnels des bibliothèques communales, action sociale et promotion de la lecture – le chef de service des PUBLICS des NOUVELLES TECHNOLOGIES et de la LOGISTIQUE assure l’animation d’une équipe composée de 9 agents.

A ce titre il est plus particulièrement chargé de suivre pour l’ensemble de la Direction :
– de l’organisation de la logistique, de l’informatique (administration du SIGB et son évolution), des N.T.I.C et de l’accueil, suivi administratif et budgétaire de la direction, suivi de la gestion des ressources humaines,
– des modalités pratiques d’organisation des prestations aux bibliothèques, telles que l’animation, les expositions, la formation,
– le développement de la lecture publique auprès des différents publics spécifiques (personnes agées, petite enfance, etc…)
– les procédures internes : organisation de la logistique, de l’informatique, des NTIC et de l’accueil
– la politique  de la Direction en matière de ressources électroniques et d’offre de services en ligne
– les aspects « communication » : administration du site web de la Direction du Livre et de la Lecture Publique, animation d’un blog collaboratif, gestion d’une liste de diffusion, création d’un portail
– Au titre d’ Adjoint au Directeur, il assure également la suppléance générale et l’intérim du Directeur.

Il est en relation avec les Territoires de Lecture, les élus et les bibliothécaires bénévoles des communes, au sein de la Direction avec l’ensemble du personnel des autres services, au sein de l’administration générale du Conseil Général d’Indre-et-Loire avec les personnels et directeurs de la DGA « Vivre ensemble ».

Profil et Compétences

Ce poste nécessite une expérience en bibliothèque et la maîtrise des outils numériques et informatiques.

Rigueur, qualités d’écoute, aptitude à l’encadrement sont nécessaires pour occuper ce poste.

L’agent recruté est titulaire du permis B pour assurer les déplacements sur l’ensemble du département.

Merci d’adresser votre candidature accompagnée d’un curriculum vitae, de la copie de votre dernier arrêté de promotion d’échelon, de vos trois dernières fiches de notation et de vos diplômes à :
Madame la Présidente du Conseil général d’Indre-et-LoireDirection des Ressources Humaines
37927 TOURS CEDEX 9

affaire suivie par Sylvie TROUILLEBOUT, 0247314731 poste 69418, ou Martine GEST, poste 69417,

pour tout renseignement vous pouvez joindre Didier GUILBAUD, Directeur Direction du Livre et de la Lecture Publique au 0247547402 dguilbaud@cg37.fr

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Découvert sur le Blog Libreros cet article

Les droits du lecteur selon Pennac

redirigé du blog  de Luis Morales La Vida Rima (promoción artística como fin último de la felicidad) les Droits du lecteur, ceux que l’on connait bien de Daniel Pennac. Voici l’introduction à l’article (que l’on veuille bien m’excuser pour attendre un peu de traduire).

Todavía recuerdo el rostro incrédulo de mi chica mientras contemplábamos la Torre Eiffel desde el mirador de aquel parque en cuesta. ¿Para esto hemos venido a París? No podía entender qué tenía de especial aquel barrio alejado del centro, de calles sucias, rincones desconchados y esa mezcla de olores inmigrantes (flores de loto y cous-cous, África subsahariana y Europa transbalcánica). No podía entender mi absurda peregrinación, siguiendo los pasos de la familia Malaussène, hasta el corazón de Belleville.

La verdad es que la comprendo. Todavía no era adicta a la literatura directa y portentosa desplegada por Daniel Pennac en la saga dedicada a esta extraña familia, inaugurada con La felicidad de los ogros (1985) y continuada con gran éxito por otras cinco novelas de lo más negro y desternillante que he leído en los últimos años: El hada carabina (1987), La pequeña vendedora de prosa (1989), El señor Malaussène (1995), Los cristianos y los moros (1996) y Los frutos de la pasión (1999).

Pero Daniel Pennac es mucho más: profesor, observador y teórico de la sinceridad, publicó un ensayo a su estilo, Como una novela (1993), que, si no recuerdo mal, salió aquí, en España, en Anagrama, del que extraigo un texto dedicado a los derechos del lector. El primero de todos ellos es, paradójicamente, el derecho a no leer.

1 semaine qui conteIl y a peu j’ai publié sur TouraineMedia un billet sur Renée Robitaille (« Renée Robitaille, une conteuse, une vraie ! »). Outre l’aspect critique (enthousiaste) du spectacle (super spectacle) qu’il m’a été donné de voir à Chateau-Renault, grosse bourgade de 5000 habitants du Nord-Est de l’Indre et Loire, c’est l’aspect « notre rôle dans la diffusion culturelle » qui m’interpelle (comme on dit !)

En reprenant le premier programme du Festival de Contes que j’avais organisé en 1993 à Dunkerque « Une Semaine qui Conte », je me demandais ce qui me poussait ainsi à poursuivre 16 ans après des programmations de conteurs (Mais ceci sans nostalgie)…

Je ne suis pas programmateur de spectacles – par « je » je veux dire « nous », les bibliothécaires. Mais nous avons notre part et notre responsabilité dans la grande chaine de la diffusion culturelle. J’y vois plusieurs raisons, dont au moins celles-ci :

  • le « Conte » est un art authentique, je n’ose dire un « produit culturel » à part entière, même s’il peut (toujours) paraître marginal, face à l’hégémonie (oui, oui!) du SPECTACLE VIVANT. Pour ma part j’y crois (toujours).

  • J’y rencontre un public de plus en plus averti, mais un public de fond ! Ah ! Qu’est-ce qu’un public de fond? Pas des intellos, qui savent tout sur tout, bardé de références, mais des gens comme vous et moi (je ne dirai pas « simple » car cela a une connotation trop péjorative, bien que je sois un adepte de la simplicité volontaire). Ce public sait apprécier la parole vraie, et en particulier celle des conteurs, traditionnels ou non ! Souvent ce public est écarté de la Grande culture, mais ce sont pourtant ceux-là qui peuplent nos bibliothèques, mais aussi fréquentent les librairies (pas les branchées!), et participent à la vie locale de leur commune.

  • Une autre raison de garder la foi : Le « Conte » (terme bien entendu générique) est totalement adapté au monde rural. Il n’y a pas dans mes propos une volonté de séparer urbain et rural, mais par expérience le public répond mieux dans les communes rurales qu’en milieu urbain. C’est aussi une raison supplémentaire d’associer ce type de diffusion culturelle aux bibliothèques départementales, car elles sont nombreuses à être directement productrices ou associées à ces évènements. A titre d’exemple la BDP de Lot-et-Garonne , le 8ème festival « A haute voix » de la Nièvre, Au fil du Conte (département de la Charente). L’ADBDP, lors de ses journées d’étude de 2002 en avait dénombré 20 (BDP) directement impliquées et 3 associées (Organisation de festivals de contes par les bibliothèques départementales : synthèse de l’enquête de l’ADBDP par Marie-Claude Julié). N’oublions pas l’implication des Foyers ruraux dans « Mots d’hiver : conteurs en milieu rural », ou « Conteurs en Campagne ». Une preuve supplémentaire de la complicité entre monde rural et conte (sans nostalgie et sans passéisme).

Dans ce paysage de sinistrose, j’avais envie d’écrire ce billet. Quand quelque chose va bien (en particulier pour soi) et qui a du sens (pour beaucoup) pourquoi ne pas le dire ? DG

Témoignage  d’un ancien étudiant de la Humboldt-Universität devenu depuis conservateur de bibliothèque*

Septembre 1973. J’arrive à Berlin, gare de Friedrichstrasse. Je franchis l’espace international et me retrouve à la station de U-Bahn, seul à la recherche de la cité universitaire où je vais loger. Etudiant germaniste, je fais partie de ces quelques étudiants français qui ont l’occasion – peut-être même le privilège – d »avoir été accepté comme étudiant à la Humboldt Universität. Je vais bientôt loger à quelques stations de là. Tout près, un grand mur entoure une zone d’activité… Ce mur là, je l’ai revu il y a deux ans: c’est le vestige que les allemands (de l’est) ont gardé DU MUR !Le mur (Juin 2006)

Novembre 1989: mes antennes m’ont alerté depuis plusieurs jours, voire semaines des évolutions politiques et sociales de la RDA. Bien que je n’ai plus de contact depuis 15 ans avec mes amis d’antan – allemands ou non, je suis ce qui se passe avec fébrilité. Dans mon appartement de Dunkerque, je regarde la télévision, et je ne dormirai pas de la nuit, tant ce qui se passe me passionne, m’interpelle et m’émeut ! cette date signera mon retour en Allemagne et toute une introspection pour comprendre ce qui s’est passé depuis 1973 !

DG

NB. Présent aux journées d’études des Bibliothécaires allemands en juin 1990  à Regensburg, je rencontre beaucoup de collègues allemands de la-bas (drüben!) et je menerai une étude sur les bibliothèques allemandes dans la Tourmente (c’est ma traduction volontairement orientée de « die Wende »= le tournant) qui sera publiée dans le bulletin de l’ABF (Juin 91)

*publié en commentaire sur le blog de la Bibliothèque de Toulouse:  Que faisiez-vous le soir où le mur est tombé :

Je vois que – au cours que cet été chaud – on se réveille à propos du projet de réforme territoriale. Moi aussi je m’interroge…. Mais après avoir suivi avec attention les mouvements du début d’année et observé çà et là les réactions, et quitte à passer un peu pour ringard, je ne suis pas totalement opposé à une réforme quand bien même ce qui est proposé ne ressemble pas au bouleversement fondamental que j’appelle de mes vœux.

Si l’essentiel réside – pour l’essentiel et pour ce qui nous concerne, dans les départements – dans l’abandon des financements croisés , l’abandon de la clause de compétence, et l’élection de conseillers territoriaux en lieu et place des conseillers généraux et régionaux, il n’y a pas là une vraie grande révolution. Mais que personne n’en profite pour penser qu’il fait trop chaud dans mon bureau et que du coup j’adhère aux projets de Sarkozy !

Les financements croisés :

Je reste convaincu qu’il faut – pour les citoyens – une plus grande lisibilité de l’action publique. Lorsqu’il y a création d’une bibliothèque municipale, j’ai pu observer que la commune rafle généralement tout le crédit médiatique de l’opération, quand bien même la part communale du financement de l’équipement ne dépasse pas 50%. L’identité des autres acteurs reste toujours floue : le Conseil Général est considéré comme tiroir caisse, plutôt que partenaire. C’est la raison pour laquelle je verrai d’un bon oeil que les conditions de subvention soient liées à l’engagement d’une (vraie) démarche partenariale de la part des communes ou intercommunalités (mais çà ce n’est pas tout à fait dans le projet de loi !).

Il faut aussi nuancer l’article 36 du projet de loi :
– 50% oui, mais les conseils généraux et régionaux conservent la posssibilité de financer des projets hors champs de compétence (Quel intérêt du coup de l’abandon de la clause de compétence ?) . Il faut lire aussi « 30% de la commune pour ce qui relève du renouvellement urbain » (notion large) et « 10 % pour ce qui relève des monuments classés ».
– Par contre le projet de loi exclut les financements des régions et départements pour les associations, fédérations et clubs sportifs. Sans vouloir faire de discrimination, lorsqu’on connaît par exemple les coûts générés par les passage d’un club de football de ligue 2 à ligue 1, je trouve la mesure plutôt rassurante.

La clause de compétences :

Sur la Clause de compétence, j’ai eu déjà l’occasion de m’exprimer : outre la difficulté de comprendre de quoi il s’agit, où est là encore la lisibilité de l’action publique si tout le monde intervient à tous les étages ? En tant que citoyen, je préfererais que l’on sache vraiment qui fait quoi et qui est responsable de quoi. Sans compter qu’à force d’intervenir dans tous les domaines, les Conseils Généraux ont pris le risque de marginaliser les domaines qui relèvent de leurs compétence. Ainsi de la lecture publique, qui après un engouement certain dans les années 80, fait aujourd’hui pâle figure face à toutes ces politiques beaucoup plus médiatiques. Je vois plutôt – par la loi –  l’intérêt, dans le cadre de la coopération entre les collectivités de faciliter toutes formes de partenariats.

On notera aussi dans le projet de loi que les communes conservent toutes compétences d’intérêt local, et que par ailleurs toute compétence ou partie de compétence devrait être attribué à une seule collectivité, ce qui permettra de clarifier le rôle des uns et des autres… Pour ce qui concerne la lecture publique, par rapport à la situation que nous connaissons aujourd’hui, il serait utile à mon sens d’y travailler encore.

Election et intercommunalité des conseillers territoriaux :

Elus pour 6 ans les conseillers territoriaux gagneraient en lisibilité (qui connaît ses conseillers régionaux ?) et les exécutifs en stabilité. 6 ans, celà ne me semble pas mauvais pour asseoir une politique – 3 ans, c’est trop peu.

Enfin la mise en œuvre d’un schéma départemental de coopération intercommunale d’une part et une révision de la notion d’intérêt communautaire me semblent pouvoir déboucher sur d’autres formes de coopération. J’ai depuis longtemps plaidé pour que la compétence lecture publique de proximité soit intercommunale : que peut-on faire au dessous d’un seuil de population de 5000 habitants, où il est difficile d’envisager des recrutements professionnels, des vrais bâtiments adaptés à tous les publics, une politique de développement du numérique et des budgets d’acquisition corrects ?

Pour conclure provisoirement, je ne vois pas que du mal dans des réformes de structures qui pourraient nous amener à terme à un véritable calage territorial à l’échelle de l’Europe, avec trois grandes strates : l’Europe, les Régions, les Intercommunalités. Non, non, je ne m’égare pas. Je crois que cela figure en filigrane du projet de loi. Cette réforme n’est à mon sens qu’une étape.

Et puis changer, après tout c’est vivre !

CECI est une CONTRE LISTE : on pourra trouver ici et des listes (en fait, celles que je vous propose – en espagnol – sont les mêmes – par contre la photo n’est pas la même) ou encore par ici de ce que l’on ne peut pas faire avec un e-book, mais voilà mes plus proches collaboratrices ont émis des idées somme toute interressantes. En tout cas : on en parle !

  • Un e-book ne moisit pas.
  • Un bébé ne peut pas avaler des petits bouts d’e-book et s’étouffer
  • On peut aussi écouter de la musique avec un E-Book mais on peut aussi s’asseoir dessus.
  • On ne sait pas comment on le récupérera, mais on peut toujours le faire ! pas besoin de couvrir un e-book. Ni de l’estampiller, d’ailleurs!
  • On peut faire des jeux de mots idiots avec un e-book:
  • un e-book éteint deviendra vite un i-bouquetin…
  • Ca sent le book !
  • Même que les revendeurs d’occasion de e-book seront des e-bookenistes. (avec ou sans odeur d’ailleurs… )
  • Quand un e-book est éteint, avec la réverbération dans l’écran, on peut s’en servir pour se recoiffer et se remaquiller.
  • On peut insulter son e-book quand il ne fonctionne pas: « Mais sale machine tu vas marcher oui!!??? » « 
  • Si on revend un e-book, on peut se payer un week-end à Paris ».
  • « On peut frimer avec un e-book ». On peut faire des taches de café, de gras sur un e-book.
  • Les pages d’un e-book mal relié ne s’envolent pas quand il y a du vent.
  • Y a pas besoin de couvrir un e-book.
  • On pourrait apprendre à lire avec un E-Book.
  • On suit le texte en même temps qu’on écoute, depuis son e-book, l’enregistrement du livre-lu
  • On peut mettre « ff » (çà c’est pour les bibliothécaires et çà veut dire « fiche faite !) sur le e-book (mais pas sur chaque livre dedans…) Pareil pour l’estampille !
  • On peut s’en servir comme porte clé
  • on peut se faire des amis avec un e-books: tous les curieux qui regardent et disent « Oh, c’est quoi ça? Ah mais quand même ça remplace pas le bon vieux livre, hein… »
  • Retourné , ça peut faire un dessous-de-plat et en plus c’est design !
  • On peut l’accrocher dans les branches pour faire peur aux oiseaux

   Quelle est la convergence entre espace urbain et rural, et bonheur et bibliothèque ? Aucun point commun a priori. Mais voilà quelques extraits d’articles et quelques réflexions à soumettre à nos éminents urbanistes et décideurs politiques. Bien entendu je serai totalement partial : le bonheur est du coté de la nature et des bibliothèques et non du coté de la ville et des périphériques.

 Du bonheur à Bogota !

   panoramica-biblioteca-vb1

 

 

Rappelons un peu l’histoire urbaine récente de Bogota : Bogota était un  » enfer urbain  » (un infernio), tant la circulation des hommes et des voitures y était impossible. Faisant fi des préconisations des experts occidentaux et de leurs projets d’autoroutes urbaines, le maire de la ville, M. Penalosa, a enterré ces projets au début des années 2000 et investi les milliards économisés dans la construction d’écoles, et de bibliothèques ainsi que dans l’aménagement de parcs, de pistes cyclables et de l’avenue piétonne la plus longue du monde. La raison de ces choix : M. Penalosa, s’est converti à une philosophie économique dont les partisans s’attachent à encourager non pas la croissance, mais le bonheur humain. En effet, c’est le lien social qui procure du bonheur tout autant que le revenu. Peut-être même plus.

L’influence de la ville sur le cerveau.

Cette analyse, et les résultats produits par la politique de M. Penalosa (baisse de la criminalité entre autres) sont –pourrait-on dire – confirmés par les recherches en neuro-sciences de Marc Berman, de l’université de Michigan. Je cite :  » Des chercheurs américains et australiens commencent à montrer que le simple fait de vivre dans un environnement urbain a des effets sur nos processus mentaux de base. Après avoir passé quelques minutes dans une rue bondée, le cerveau est moins en mesure d’organiser les informations qu’il reçoit dans la mémoire. Les environnements de béton et d’automobiles auxquels nous sommes confrontés auraient des incidences sur notre santé mentale et physique, jusqu’à modifier la façon dont nous pensons. (…) Quand on se promène en ville, notre cerveau, toujours à la recherche de menaces potentielles, doit gérer les multiples stimuli liés à la circulation et à la vie urbaine. La gestion de telles tâches mentales, apparemment anodines, a tendance à nous épuiser, car elle exploite l’un des principaux points faibles du cerveau : sa capacité de concentration (…) A l’inverse, la nature serait un élément extrêmement bénéfique pour le cerveau : des études ont même démontré que des patients d’hôpital qui peuvent voir des arbres de leurs fenêtres se rétablissent plus rapidement que ceux qui en sont privés. (…) La plantation d’arbres en centre-ville ou la création de parcs urbains peuvent ainsi réduire de façon significative les effets négatifs de la vie urbaine.

Alors la ville, facteur de bonheur ? Si l’article se termine en soulignant que les villes  » ont aussi l’avantage de concentrer les interactions sociales qui sont une des sources de l’innovation et de la créativité « , le lien est direct avec la philosophie de M. Penalosa.

Et la ruralité dans tout çà ?…

Pour moi, il n’y a pas de contradiction majeure. Au contraire. La fréquentation de la nature et la richesse qu’elle nous procure va de pair avec la convivialité des bibliothèques. Allons, mesdames et messieurs les décideurs, passez aux actes ! Mais les bons !

 

 

 

 

Journée d’Etudes – Lyon 23/01/09 – Bibliothèque de Bachut

Mediat Rhône-Alpes organisait vendredi 23 janvier une journée consacrée aux bibliothèques et développement durable. Chargé par les organisateurs d’en faire la synthèse, je vous livre ici mes propos, revus à la lueur des références et de lectures signalées.



I – Ecologie et développement durable : une question d’harmonie


Je reviens sur le terme utilisé – et pour cause par notre collègue suisse la Bibliothèque « umweltfreudlich » ! La signification de ce mot signifie bien « amicale au monde » c’est à dire en complète harmonie avec notre univers. Nous sommes bien dans l’écologie. Je me refererais aussi aux propos d’Alain Caraco qui disait ce matin que dans « développement durable » on devrait entendre équilibre, sociologique, économique, écologique. J’y ajouterai l’équilibre spirituel, car il s’agit bien d’une dimension « spirituelle », c’est à dire un équilibre entre le monde intérieur de l’homme (spiritualité) et le monde extérieur (l’écologie : la nature, les autres, etc…).


Ecologie et bibliothèques : une question de bonheur


Qu’il s’agisse de bibliothèques ou d’écologie, ne s’agit-il pas avant tout de Bonheur. Cela me rappelle Bogota, cité dans un article du « Courrier international » d’août 2007 – que je vous recommande vivement. Vous y apprendrez que M. Penalosa, ancien maire de la ville a balayé les suggestions des experts internationaux venus lui proposer des plans d’envergure pour « résoudre » les problèmes de circulation de Bogota. Adepte d’une philosophie qui prône à encourager non pas la croissance mais le bonheur humain, sa politique ressemble à l’écologie. Il injecte (je cite le CI) « les milliards économisés (par l’abandon de projets pharaoniques d’autoroutes urbaines NDLR) dans la construction d’écoles et de bibliothèques, de pistes cyclabes et de l’avenue piétonne la plus longue du monde. », avec pour résultat du lien social.


Développement durable : une question grave


Il s’agit là d’une question grave et en constante évolution car les ressources énergétiques diminuent de manière drastique, ce qui nous concerne et nous implique tous à savoir :

– les décideurs (les élus en particulier), les décisions – politiques – d’aujourd’hui seront la réalité de demain et les choix économiques opérés aujourd’hui nous engagent tous. Par exemple, que penser du fait de creuser des puits de pétrole de plus en plus profond quand on sait que cela ne représente pas la solution pour disposer de plus de ressources pétrolières. Il faut regarder les chiffres objectivement. De même les décisions d’hier sont la réalité d’aujourdhui. Ainsi on sait que les sociétés de transport sont dans l’ incapacité de satisfaire un public croissant de voyageurs si un nombre important de nouveaux usagers décide de prendre les transports en commun.

– les bibliothécaires. Oui, nous sommes des acteurs à part entière de l’évolution, car chacun à son niveau peut agir, pour aider les décideurs – car nous sommes souvent en position de conseil, pour accompagner les usagers dans une démarche plus écologique de transport, de déplacement en général, et d’usage courant de la bibliothèque.

– les usagers : sont aussi des acteurs du changement écologique. Nous avons vu à travers les exemples proposés que nous devons faire preuve de sensibilisation ou éducation, par exemple lorsqu’il s’agit d’expliquer l’usage de l’eau de pluie pour les toilettes (Bibliothèque de Liestal – Canton de Bâle en Suisse), ou tout simplement changer de comportement par rapport à l’éclairage. Il s’agit « pas après pas »  (nous a dit Yves Belmont, Drac Rhône-Alpes) de gagner du terrain.


 

II – La Bibliothèque : un bâtiment


Le bâtiment représentait souvent jusqu’à présent le seul point d’intérêt avoué des bibliothécaires pour ce qui concerne le développement durable.


Construire


Aujourd’hui (en général et ce 23 janvier en particulier) nous possédons de bonnes bases de travail pour comprendre les « décisions » écologiques à prendre lors d’une construction de bibliothèque, qu’il s’agisse de normes ou références (Minergieen Suisse, Passiv Haus en Allemagne ou HQE chez nous). Certes cela ne suffit pas car dans ce domaine comme dans d’autres, nous avons à faire face aux problèmes de relation entre architectes et bibliothécaires pour faire valoir les exigences bibliothéconomiques face aux exigences architecturales.


Incidences environnementales


Construire est une chose, il faut aussi en profiter pour se pencher sur les incidences dans le domaine de l’environnement, tels que les problèmes de déplacement ( du personnel de la bibliothèque, mais aussi des usagers), ou la gestion des déchets.


Construire ou aménager


c’est aussi agir sur le bâtiment existant (voir l’exposé de notre collègue de la BNF ou la réhabilitation de Liestal (Suisse). Un mot d’ordre : changer ou modifier ou faire modifier ce qui peut l’être, qu’il s’agisse du chauffage, de l’isolation, mais aussi tout simplement changer de comportement, dans le domaine de l’ informatique (gestion des imprimantes – en validant l’intérêt de partager les imprimantes), la mise en veille des appareils, changement des ordinateurs (faut-il les changer tous les trois quatre ans ?), l’utilisation de papier recyclé, et avoir un oeil sur le “bilan énergie” du bâtiment. Il s’agit de facto parfois de simplement appliquer les lois, telles que celles concernant les plans de déplacements des entreprises, applicables au secteur public. On peut aussi (tout simplement) revoir la question des déplacements en imaginant de travailler autrement (télétravail, visio-conférence), en améliorant la dématérialisation des documents (utilisation de “présentations” lors de conférences, mise en oeuvre de services à distance). Tout ceci exige bien entendu une forte mobilisation et une grande sensibilisation des équipes.


 

III – La bibliothèque et ses missions


 

A travers la reflexion sur le développement durable, se pose aussi la question de la bibliothèque et de ses missions. La bibliothèque est une collection et au sein de cette collection quelle est la place consacrées aux problèmes environnementaux ? Une bibliothèque c’est aussi un lieu d’échanges et de reflexion. Quelle place donnons-nous, avons-nous donner ou donnerons nous à ces problèmes. L’exemple de la Bibliothèque de Houille (Yvelines), qui à travers des expositions, des débats, la mise en place d’un point d’information « énergie » a organisé une série d’animations sur le sujet nous interesse particulièrement, car elle nous interroge sur notre intervention culturelle et concrète en tant que bibliothécaire.


 

Pour tenter de conclure…


Quelles conclusions peut-on tirer de la journée du 23 janvier. Une première ? Presque… mais première vraiment en ce qui concerne les bibliothèques publiques. Une journée très riche en contenu dont chacun pourra ressortir militant de la “bibliothèque écologique” s’il ne l’était pas encore et qui prouve qu’il y a encore aujourd’hui nécessité de convaincre. Suivant le principe “penser globalement, agir localement”, chacun pourra personnellement en profiter pour revoir ses mode de transports (ou faire revoir), aider à faciliter l’usage de la bicyclette (par l’installation de douches dans les locaux de la bibliothèque), étudier la gestion des déchets.

Il faut avant tout poursuivre la reflexion. Les Journées d’études de l’ADBDP, fin septembre 2009 (thème : “faut-il construire des bibliothèques ?”) pourraient en être l’occasion. Il s’agit aussi dans le domaine du développement durable de revoir la relation rural / urbain (la question des déplacements en milieu rural en particulier), le bâtiment bibliothèque en milieu rural, qui est souvent en harmonie avec le patrimoine, car l’usage (la réhabilitation) de bâtiments anciens bien pensés ( par ex. par rapport à l’orientation…) est un élément particulier de l’aménagement de bibliothèques.


Didier GUILBAUD, 28 janvier 2008