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1°) centralité !…

Au départ la Bibliothèque est CENTRALE. Elle assure aussi pour l’essentiel des fonctions de prêt (de livres). Même après la Décentralisation en 1982, elle demeure un service central au profit d’un réseau de bibliothèques.

à la BMA de Neuvy

LE réseau quant à lui est d’abord départemental. On parle DU réseau de bibliothèques qui sont des « bibliothèques relais ». Ceci porte à confusion , car les bibliothèques des communes de moins de 10000 habitants ne sont pas des services publics en lien hiérarchique avec la BDP. Même si le lien avec les bibliothèques locales demeure, malgré la volonté des professionnels, un lien d’une relative subordination.

subordination, ravitaillement

La BDP organise  son activité principale sur la base d’une relation lien directe de BDP à commune. Cette relation bilatérale vaut encore aujourd’hui pour la majorité des départements. Les acquisitions des bibliothèques comptent peu dans la masse de documents mis à disposition du public. Les bibliothèques sont alimentée suivant le principe du « ravitaillement » de la ciculaire de 1945.

Pour des raisons d’étendue géographique du département certaines BDP disposent d’annexes, dont l’activité est en tout point comparable à celui d’un site central et unique. Mais dans les années 1990 on va passer petit à petit de la notion de Réseau à la notion de RéseauX, souvent et principalement pour des raisons techniques, mais aussi pour des raisons politiques : la lisibilité politique de l’action du Conseil général et la montée en puissance des intercommunalités.

L’émergeance du réseau de service correspond à la prise en compte fonctionnelle de la territorialisation. L’organisation du service ne se fait plus ou plus seulement en fonction des critères d’organisation « classiques », par publics – collections jeunesse et collections adultes – ou par support – sonothèque et vidéothèque. Le souci organisationnel se référe à l’organisation du territoire, et au rôle de conseil des BDP, notamment pour les constructions et aménagements de bibliothèque.

zonage de service et zonage politique :

L’activité « territoriale » de la BDP conduit à rassembler plusieurs bibliothèques proches géographiquement. Cette sectorisation du service ne remet pas en cause le fonctionnement global de la BDP, contrairement à un zonage « politique ».

Cependant, pour des raisons pratiques au moins, un bibliothécaire (terme générique) de la BDp peut être amené à suivre l’activité de plusieurs bibliothèques d’un secteur. Nommé, dans le cadre de cette fonction, référent-réseau (voire en Indre et Loire « Animateur de Réseau »), ce bibliothécaire suit l’activité des bibliothèques et anime les services de la BDp pour le secteur. Il est chargé d’organiser l’approvisionnement des bibliothèques locales du secteur déterminé et de développer les services de la BDP. Il contribue aussi au coté de l’équipe dirigeante de la BDP à participer au développement de la lecture dans ce secteur. On voit ainsi se développer des pratiques nouvelles de conseil qui visent à autonomiser les bibliothèques et de passer d’un lien de subordination à un lien de partenariat.

Le zonage géographique peut s’ajuster sur une sectorisation politique, en prenant les cantons comme référence (référence électorale du Conseil général), ou les intercommunalités.

Le canton : L’intégration de la BDP au sein de l’administration départementale a contribué à renforcer cette référence. Et à tout prendre, il est plus utile d’organiser le service de la BDP sur une base politique, car elle facilite le lien entre élus (du Conseil Général) et la BDP et de lui donner une identité.

L’intercommunalité : contrairement au „canton“ l’intercommunalité peut faire valoir une « prise de compétence » dans le domaine de la Lecture Publique. On assiste ainsi à un mouvement global plus ou moins fort suivant les régions françaises où les intercommunalités interviennent dans la mise en oeuvre de la Lecture Publique sur leur territoire, parfois même… sans lien avec la BDP et le Conseil Général. Toutefois, comme acteurs de la politique territoriale, les conseils généraux sont attentifs à accompagner les projets qui émergent dans les regroupements intercommunaux.

2°) Décentralisation

Par voie de conséquence la déconcentration des activités de la BDP, voire la décentralisation est un phénomène relativement nouveau dans la conception des missions des BDP, qui s’appuie sur la mission traditionnelle de solidarité documentaire. D’une part la bibliothèque communale (ou locale) s’affirme comme le lieu de ressource de proximité des usagers. D’autre part la Bibliothèque dite  »Tête de Réseau“ ou intercommunale s’affirme comme bibliothèque structurante d’un secteur géo-politique.

Que les missions de cette bibliothèque structurante le prévoient ou non, elle est amenée à servir de lien entre les bibliothèques du secteur et contribue à promouvoir une politique de lecture publique renforcée, par la présence de professionnels, par des fonds plus importants, par une politique d’animation plus prsente sur le territoire.

rôle des communes

Dans le cadre de la sectorisation, les communes et leurs municipalités sont directement interpellées sur leur stratégie de lecture publique et la mise en oeuvre de leur compétence. La bibliothèque locale demeure le lieu de lecture publique de plus grande proximité pour les usagers. Cependant aujourd’hui, dans le cadre du soutien de la BDP, il est sage d’envisager la mise en oeuvre de la politique sur la base d’un partenariat actif des bibliothèques entre elles. La BDP joue un rôle de fédérateur et d’animateur de la lecture publique sur le territoire cantonal ou intercommunal.

„Têtes de réseau“, Bibliothèques Municipales Associées :

L’implication politique ou fonctionnelle des différents acteurs aboutit à des « montages » variés, souvent adaptés aux conditions locales. On peut noter deux cas de figure:

1°) la volonté politique s’affirme : „création de Têtes de réseau“.

Dans ce cas, on voit l’émergeance de bibliothèques souvent appelées « tête de réseau », pilotés dans le cadre de l’action territoriale du Cg, ou créées (harmonisées) par les intercommunalités. La BDP organise son service en prenant « comme point d’appui » ces bibliothèques qui peuvent servir de lieu d’échange de documents, passage unique du bibliobus, ou réserve départementale conjuguée avec les collections de la bibliothèque (publique) elle-même, ouverte au public individuel.

2°) La volonté fonctionnelle précède la volonté politique à l’exemple des Bibliothèques Municipales Associées d’Indre-et-Loire

La mise en oeuvre d’équipements structurants peut avoir été impulsée au départ dans un souci technique, par exemple de rapprocher les usagers (les bibliothèques locales). C’est le cas des Bibliothèques Municipales associées d’indre et Loire, ou des Médiathèques de Pays de la Drôme. Avec des nuances fonctionnelles elles assurent toutes de fonctions de mise à disposition de documents pour les bibliothèques rurales, servent de base arrière de la BDp (centrale), organisent la relation entre les bibliothèques et hébergent du personnel départemental de la BDP.

3°) concevoir un bâtiment « tête de réseau »

Notons tout d’abord que sous un vocable différent on retrouve des réalités proches: bibliothèques Tête de Réseau (Loir et Cher), Médiathèque de Pays (Haut-Rhin – Ille et Villaine), Bibliothèques Municipales associées (Indre-et-Loire), bibliothèques Intercommunales. Dans tous les cas les principes généraux de fonctionnement et les principes d’aménagement sont proches.

La décentralisation des services de la BDp en lien avec une bibliothèque municipale pose en premier lieu la question du stockage des documents en vue du prêt aux bibliothèques du réseau (local). Aujourd’hui, il est encore difficile de conjuguer les volontés de plusieurs collectivités. C’est pourquoi le cas le plus fréquemment rencontré est le stockage des documents dans des magasins identifiés BDP (Moselle)

En Indre-et-Loire les Bibliothèques Municipales associées fonctionnent sur le principe de mixité des fonds de la Bibliothèque Municipale et de la BDP : les lecteurs individuels de la commune ET les bibliothécaires volontaires des communes des cantons concernés font leur choix dans une collection unique qui provient des acquisitions des deux collectivités.

L’accueil des volontaires se fait soit à partir du bibliobus, et la décentralisation sur une « tête de réseau » s’assimile alors à une annexe de BDP, soit à la bibliothèque du canton ou de l’intercommunalité. dans ce cas, les mêmes questions posées pour l’accueil en BDP centrale se posent : conditions de l’accueil, cohabitation avec le public individuel, stockage des documents après le choix et avant leur livraison éventuelle. Il faut y ajouter le prêt de documents à plusieurs niveaux (et ses implications informatiques) : les documents de la BDP mis en rayons dans la bibliothèque intercommunale ou associée, sont prêtés à leur tour à des bibliothèques. Celles ci à leur tour vont les prêter à un public individuel.

Enfin comme force d’attraction et de centralité dans les territoires, ces bibliothèques jouent indéniablement un rôle moteur pour la formation des volontaires et l’action culturelle.

Un paysage en constante mutation

Ces quelques lignes sur la BDP en réseau et les bibliothèques du territoire départemental qui y contribuent ne peut solder toutes les questions posées par la lecture publique en milieu rural. Il s’est agi ici, non pas de présenter des modèles, voire des méthodes de travail, mais plutôt de pointer les différentes problématiques du développement particulier de ces (nouveaux) réseaux. La mutation des BDP depuis la Décentralisation autorise à penser que nous ne sommes qu’à une étape d’un mouvement d’ensemble. Les missions „traditionnelles“ demeurent, mais la Réforme Territoriale à venir nous amènera à repenser l’organisation de la solidarité territoriale dans le domaine de la Lecture Publique.

* Extrait d’un article à paraitre